Le stockage des prises de vue aérienne – Les enjeux

Les drones sont majoritairement utilisés pour réaliser de la prise de vue aérienne. Ces missions génèrent des contenus multimédias de grosse taille que les exploitants de drones ont du mal à collecter, exploiter et archiver en toute sécurité.

Mais de quelle taille parle-t-on ?

La taille d’une vidéo est dépendante de nombreux paramètres mais nous en retiendrons principalement deux : (i) La résolution de l’image (qui se caractérise par son nombre de pixels) ; et (ii) Le nombre d’images filmés par seconde (fps) : Standard américain (30 fps) ; Standard européen (25 fps) ; Nouveau format très haute définition (60 fps).

Nous avons réalisé quelques calculs pour évaluer le poids d’une minute de vidéo en fonction de la résolution de l’image choisie : (i) 720×1280 (30 fps) : 60 Mo ; (ii) HD i.e. 1920×1080 (30 fps) : 130 Mo ; (iii) 4K i.e. 3840 x 2160 (30 fps) : 375 Mo ; (iv) 8K i.e. 7 680×4320 (60 fps) : 2 Go.

Sachant qu’un drone professionnel vole aux alentours de 30 minutes (dont plus d’une vingtaine de minutes sur zone), le poids des vidéos générés peut fluctuer entre 1,2 Go et 40 Go pour un seul vol.

Alors, à combien s’élève le coût de l’archivage des données multimédias filmées ?

Un télépilote utilisant de manière intensive son drone (environ 100 vols par an) aurait besoin d’un espace de stockage compris entre 120 Go et 4 To (en fonction de la résolution de son périphérique vidéo) pour conserver 1 an d’archive de ses vols.

On le voit…La qualité de la résolution du périphérique impacte directement le budget de stockage en ligne de l’exploitant. Il lui faudra compter, pour un an d’archive, un budget compris entre 10 et 336 € HT par télépilote et par an.

Existe-il des solutions technologiques pour optimiser ce budget ?

Les grands laboratoires de recherche mondiaux se penchent sur les problématiques de stockage depuis longtemps.

Les algorithmes de compression avec perte

Un de leurs axes de recherche a consisté à développer des algorithmes de compression avec perte permettant de réduire drastiquement la taille des fichiers stockés. Ces algorithmes présentent cependant des limitations fortes :

  • Une latence de calcul élevée. Les algorithmes de compression complexes très performants doivent souvent être analysés plusieurs fois le fichier avant la compression.
  • Incapacité à gérer des rafales de données ;
  • Sensibilité aux erreurs extrêmes. La transmission de données est sujette à des erreurs de réseau et aux interruptions de transmission. Un seul « bit inversé » rendra un fichier compressé inutile, forçant la retransmission de tout le fichier.
  • Impossibilité de rechercher des informations dans un fichier compressé.

On le voit, la sélection d’un algorithme de compression adapté doit prendre en compte de nombreux critères et l’utilisateur devra identifier le meilleur compromis entre : (i) Ratio de compression ; (ii) Qualité de l’image après décompression ; (iii) vitesse de compression ; et (iv) Vitesse de décompression.

Les algorithmes de compaction

Depuis plusieurs années, de nombreux laboratoires travaillent sur des algorithmes de compaction temps réel (i.e. un algorithme de compression sans perte pouvant compresser et décompresser en temps réel).

Les performances de ces algorithmes permettent de réduire la taille des vidéos dans des proportions bien plus faibles (rapport d’un à cinq). Cependant des limitations demeurent dans le format et la nature des données traitées.

Le RGPD

Depuis 2018, la réglementation RGPD concernant le traitement des données personnelles est en vigueur. Celle-ci précise notamment qu’une entreprise ayant stockée des données personnelles doit, sur demande de son propriétaire, pouvoir les supprimer de ses serveurs et d’Internet.

Or, la prise de vue aérienne d’un espace privé rentre dans la catégorie des données personnelles. Un exploitant de drones, doit donc être capable, sur demande, de supprimer certaines prises de vue. Pour l’instant, aucun outil performant ne permet d’identifier facilement dans une vidéo de 30 minutes un plan séquence prohibé.

Ceci est gênant car cette année en France, les premières entreprises ont été condamnées à payer des amendes (jusqu’à 4% de leur Chiffre d’Affaires). Celles sanctionnées sont à l’heure actuelle des grands groupes et quelques ETIs.

Il n’est donc pas impossible que l’on assiste à une multiplication des contrôles pour les TPE d’ici quelques années. A noter qu’il existe des compagnies d’assurance qui viennent de développer de nouvelles offres permettant à une entreprise de se prémunir de ce risque d’amende « RGPD ».