La sécurisation de l’espace aérien

La sécurisation de l’espace aérien face à l’utilisation de drones civils

Depuis 2016, l’essor des drones est qualifié de réelle menace pour la sécurité des avions de ligne et pour la population. En effet, ce trafic d’un nouveau type dans l’espace aérien de basse altitude engendre des perturbations inédites : (i) Prises de vue interdite, (ii) Objet d’un certain poids volant au-dessus de nos têtes, etc.

Plusieurs solutions ont donc été envisagées par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) pour gérer ce problème.

Durcissement de la réglementation

La réglementation d’utilisation des aéronefs et drones civils, jusqu’alors inexistante, a été définie il y a peu dans toute l’Europe. Même si les règles aéronautiques sont gérées au niveau national, certaines sont communes à l’ensemble de l’espace aérien européen.

La réglementation française fixe de nombreuses limitations sur le survol de certaines zones par des drones civils. Cette réglementation vient d’être durcies par la DGAC Evolution de la réglementation (DGAC – 12 décembre 2019) :

  • Immatriculation des aéronefs avec mise en place du dispositif de signalement numérique et lumineux ;
  • Renforcement des aptitudes du télépilote ;
  • Renforcement des démarches administratives de l’exploitant ;
  • Renforcement des restrictions de vol et des démarches préalables au vol.

Dispositifs de signalement des drones

Dès le 1er mai 2020, les nouveaux drones et modèles réduits de plus de 800 grammes en circulation devront émettre. Cette mesure sera obligatoire sur les aéronefs déjà en circulation à partir du 1er novembre 2020 :

  • Un signal électronique ou numérique sur la fréquence de 2,4 GHz afin de permettre d’être identifié par les équipements de détection de sites sensibles dès qu’ils s’approchent trop près (portée de quelques kilomètres).

Ce dispositif est un transpondeur autrement dit il émet toutes les 3 secondes) où chaque fois qu’il se déplace de plus de 30 mètres) sa position, sa route et sa vitesse. L’objectif ici de de distinguer un objet non identifié (drone malveillant) d’un objet identifié (à l’aide de son numéro d’immatriculation).

  • Un dispositif de signalement lumineux permettant à un chargé de sécurité de mieux voir un drone en approche.

Le système mis en place ne centralise pas les informations collectées mais fournit des informations additionnelles à chaque équipe en charge de la sécurité d’un site sensible donnée.

Développement de nouveaux moyens de détection

Bien qu’il existe déjà des moyens de détection de drones efficaces, la DGAC souhaite mettre en place de nouvelles méthodes de détection qui puissent répondre à l’accroissement en volume de la quantité d’aéronefs contrevenant aux restrictions de vol imposés.

De multiples entreprises spécialisées dans la sécurité de l’espace aérien ont donc conçu des solutions de détection fiables :

Celles-ci sont basées sur un réseau de capteurs RF sans fil qui détectent la position de tous types de drones dans un périmètre défini. Ce dernier est relié à un logiciel de tracking qui analyse les données collectées.

Ces systèmes de sécurité permettent, au moyen d’algorithmes de triangulation exploitant la puissance des signaux radiofréquences émis, de localiser le télépilote d’un drone.

Les nouvelles armes anti-drones

Afin de lutter contre des drones (malveillants ou pas) détectés, la DGAC travaille aussi sur des systèmes de contre-mesure permettant de lutter efficacement contre la menace potentielle. L’objectif est ici de dépasser la notion de contrôle de l’espace aérien en mettant à disposition d’équipes de sécurité de moyen d’actions.

A ce titre, on peut noter les fusil anti-drones, des drones armés de filet, des systèmes de brouillage performants contre le système GPS ou la radiocommande du droniste ou encore les armes lasers.

Notons particulièrement les deux systèmes d’armes utilisés par l’armée américaine pour lutter contre des essaims de drones (similaire à l’attaque contre des sites pétroliers en Arabie Saoudite).

  • Le système d’arme Thor (Tactical High-Power Microwave Operational Responder) est une arme défensive conçue principalement pour sécuriser les bases et les camps militaires.

Le dispositif permet en effet de contrer les ennemis volants à une distance relativement courte. THOR est équipé d’une antenne capable de « tirer » de puissantes salves d’ondes en direction d’un ou plusieurs drones pour les mettre hors service.

  • Le système d’arme Phaser, développé par l’entreprise Raytheon, utilise un faisceau laser très puissant pour griller le système électronique des appareils à portée.

Ces armes anti-drones de l’armée américaine sont déjà connues dans le monde entier et pourraient très bien arriver en France. C’est en tout cas le souhait de la DGAC qui aimerait pouvoir neutraliser en quelques secondes un drone qui pénètre sur un site sensible.