Les drones professionnels français : à qui appartiennent-ils et quelle est leur utilité ?

8837, c’est le nombre d’opérateurs de drones professionnels (équipement de plus de 800 grammes) en France en 2019 (chiffre issu du mensuel Aviation Civile de Janvier 2020 de la DGAC). Soit une croissance officielle de l’ordre de 38% par an sur les trois dernières années.

Ce nombre est équitablement réparti entre : (i) les particuliers (environ 5 000) aux statuts divers (auto-entrepreneurs, professions libérales, particuliers) et possédant un drone professionnel, et (ii) les entreprises (environ 3 800).

Ces opérateurs opèrent un parc d’équipements de l’ordre de 15 500 drones.

A aujourd’hui, le marché des drones reste très émergent et éclaté : le plus gros acteur est Delta Drone (environ 200 drones), suivi du CNRS (environ 110 drones). Environ 300 acteurs détiennent plus de 5 drones et la majorité des acteurs détiennent 1 ou 2 drones.

Les grands groupes

Une vingtaine de grands groupes (représentant un parc de l’ordre de 600 équipements) opèrent des drones.

Ils investissent sur ce marché en ouvrant des services spécialisés : Enedis (environ 120 drones), RTE-SDH (150 drones prévus), la SNCF au travers de sa filiale dédiée Altametris (environ 50 drones), Bureau Veritas ou encore la Banque postale.

Ces sociétés intègrent ce vecteur dans leur applicatif métier sur des thématiques variées : (i) La prise de vue aérienne pour contrôler la bonne réalisation de missions confiées à des sous-traitants (par exemple l’élagage de végétation), la surveillance de sites, l’inspection d’ouvrages d’art, etc.

Le point marquant 2019 reste cependant l’ouverture de deux lignes de livraison de colis par la Banque Postale. Ce fait marquant ouvre “officiellement” un nouveau segment de marché aux drones professionnels.

Les constructeurs

La concurrence est rude : DJI, constructeur chinois, fabrique environ 70% des drones (de loisir et professionnels) dans le monde.

Cependant, la France héberge encore plusieurs constructeurs de drones, dont notamment Delta Volt, Delair et Dronevolt, soit une vingtaine de sociétés (environ 600 drones référencés). Celles-ci développent principalement des solutions spécifiques sur des segments sur-mesure.

Les centres de formation

De nombreuses entreprises se sont positionnées sur ce segment de marché.

Le fait marquant 2019 réside dans l’accroissement des sociétés se consacrant exclusivement à cette activité : 45 sociétés possédant en moyenne une dizaine de drones professionnels référencés sont dédiées à cette activité (environ 430 drones).

Ce segment d’activité a donc connu une forte croissance en 2019, le renforcement de la réglementation imposant des certificats d’aptitude théoriques et pratiques importants.

Les prestataires de service

Après une analyse fine auprès de sociétés opérant plus de 5 drones professionnels (environ 215 sociétés opérant de l’ordre de 1 600 drones), il apparait que certains secteurs d’activités sont réservés à des sociétés spécialisées :

  • Une dizaine de sociétés (environ 70 drones) travaillent dans l’agriculture de précision (essaimage, etc.) ;
  • Une dizaine de sociétés (environ 90 drones) œuvrent dans le domaine de la surveillance et de la sécurité ;
  • Une vingtaine de sociétés (environ 180 drones) réalisent des études d’ingénierie (collecte et analyse de données) ; et
  • Environ 25 sociétés (200 drones) travaillent avec le milieu du cinéma.

De nombreuses sociétés conservent encore des expertises très généralistes. Ainsi, près de 150 sociétés (près de 1 060 drones) proposent des services de prises de vue aérienne ou des études techniques de type inspections d’ouvrages d’art. Cependant, la tendance confirme un positionnement de plus en plus spécialisé de ces entreprises (meilleur savoir-faire, possession d’équipements spécialisés).

Dans ce contexte, et pour accompagner la croissance du marché, la France a besoin de télépilotes confirmés et les perspectives d’emploi et/ou de sous-traitance sont nombreuses dans ce secteur.